* Un inconnu se présente au club du Shi Zen Dojo de Nivelles. "Bienvenue chez nous. Entre, essaie et pratique l'Aikido."* En quelques mots, Luc Patriarche le met à l'aise avant de lui refiler un keikogi comme première tenue. "Je suis passé par là. C'était en 1973, date de mes débuts en Aikido. Jusque-là, j'avais pratiqué un peu de tennis de table mais c'est quand je suis devenu chef de service à la prison de Nivelles qu'un professeur m'a conseillé d'apprendre à me défendre. J'ai alors suivi ses cours une fois par semaine et j'ai tout de suite pris goût à cet art martial.Maintenant, le mot défense doit être pris au sens propre. Dans l'Aikido, il n'y a pas cet esprit d'agressivité mais plutôt cette notion de respect des autres. L'Aikido apprend à se défendre, se contrôler et à vivre de façon harmonieuse mais c'est tout de même un art martial et on ne le pratique pas pour faire des claquettes. Je n'ai jamais eu l'occasion de le pratiquer sur une personne, mais lors de discussions tendues, il m'a aidé à prôner le dialogue plutôt que la violence."* Pendant plus de trente ans, cet habitant de Nivelles va travailler dur et aller de satisfactions en satisfactions. "En sachant que le grade de ceinture noire 1er Dan ne s'obtient qu'àprès cinq ou six ans et une préparation comprenant des stages de hauts niveaux. C'est le grade du débutant et c'est à partir de ce moment là que l'Aikido commence à s'apprendre. C'est un peu comme un enfant qui doit apprendre à marcher avant de courir."* Maître Naessens, Fisset et René Vanhenten furent ses premiers professeurs: 1er Dan en 91, 2è Dan en 96 et 3è Dan en 98 avec l'aide de Jacques Horny. Luc à fait son petit bonhomme de chemin dans la hiérarchie. "Que ce soit comme simple élève ou comme professeur, je pratique l'Aikido avec toujours autant de plaisir qu'il y a trente ans. Je vois d'autres horizons et une autre approche de cet art martial magnifique. Je n'hésite pas à me remettre en question et à me recycler."* Marié à Monique et père de deux garçons, Geoffroy et Thomas, Luc profite pleinement de ses 56 ans et de sa prépension. "L'Aikido m'a bien aidé dans ma vie de tous les jours. J'étais quelqu'un de très nerveux et j'ai appris à me contrôler tout en m'apportant de la sérénité. Je vis maintenant d'une manière calme et en harmonie. Mes enfants ont aussi goûté à l'Aikido mais Geoffroy a dû arrêté suite à des problèmes de genoux après avoir réussi brillamment son grade de 2è Dan et Thomas a arrêté alors qu'il était 3è kyu. Je pensais que Geoffroy allait reprendre le collier mais cela ne s'est pas fait. Il y a des choses bien plus importante dans la vie. Je suis maintenant Papy de deux petits garçons et je suis un homme heureux et bien dans ma tête.* Il y a quelques mois, sur recommandations de la commission fédérale des grades, Luc a obtenu le grade de 4è Dan AIKIKAÏ! "Mais je représente toujours bien peu de choses, continuellement il faut se remettre en question. Ma plus belle des victoires n'est pas nécessairement ce 4è Dan mais bien de veiller au suivi et à la progression de mes élèves.* Quand à son cheminement dans l'Aikido, Luc entend bien le prolonger le plus longtemps possible. "Tant que la santé me le permet, je continue. Je quitterai un jour mon rang de professeur, mais qu'on me laisse juste, le jour ou cela arrivera, un petit coin de tatami."3 questions à Jean-pol Chapelain, 2è Dan Aikikaï et aide moniteur adeps!Jean-Pol Chapelain, que représente pour vous l'Aikido?* J'ai découvert cet art martial en me rendant au dojo tout simplement et j'ai appris à le connaître au fil des années; Ce qui me plaît? C'est un art martial différents des autres. Ici, on ne gagne rien et on ne parle pas de médailles. Il n'y a d'ailleurs pas de compétitions et c'est ce qui explique sans doute le moindre intérêt pour l'Aikido par rapport à d'autres disciplines comme le judo ou le karaté, ou là, la compétition prend beaucoup d'importance. J'aime cet esprit, ce monde sans compétition où l'on ne parle pas d'argent et de manager. Chacun vit son sport selon son rytme et il n'y a pas la moindre jalousie entre-nous. L'Aikido est un art à part des autres et c'est sans doute ce qui lui permet de garder tout son caractère d'art martial pur.Qui est pour vous Luc Patriarche?* C'est lui qui m'a fait découvrir l'Aikido. Il y a treize ans que je pratique et mon professeur m'a tout appris. Il m'a formé depuis que je suis ceinture blanche et jusqu'à ma 2è Dan. Durant toutes ses années, j'ai appris à le connaître et on s'aide beaucoup entre-nous. Nous avons une relation plus qu'amicale, que ce soit sur le tapis ou dans notre vie privée. En ce qui concerne l'Aikido, il m'a aidé dans la gérance de mon stress tout en m'apportant plus de souplesse et d'assurance. C'est aussi lui qui m'a poussé à suivre la formation ADEPS.

D'après ce qu'on voit et ce qu'on entend, le club se porte plutôt bien?* Oui c'est vrai! Nous avons actuellement près de 90 élèves et un excellent encadrement: 8 yudanshas depuis la reprise du club par Luc il y a 15 ans et plusieurs ceintures marrons. Ici, tout est flexible. Il y a de la place pour tout le monde.

Sébastien BRAUN
"Vers l'Avenir"