Le choix de l'aikido comme étude d'art martial a-t-il été le fait du hasard, dans votre vie ou aviez-vous une idée au départ?Le choix de la pratique a bien été un fait de hasard. Après avoir été diplômé dans les arts graphiques en 1973, j'ai postulé un emploi au ministère de la Justice en qualité de technicien imprimeur vu que la prison de Nivelles possédait une imprimerie importante. Il faut savoir qu'à cette époque, tous les agents ayant un contact direct avec la population carcérale devaient apprendre la self-défense. L'institut Naessens avait été choisi par le ministère pour envoyer différents professeurs d'aikido dans les établissements pénitentiaires. C'est ainsi que j'ai débuté l'aikido en 1973.Quel a été au cours de votre vie, le fil conducteur de votre ascension en aikido?Mes 5 premières années de pratique au Budo Collège, par la suite René Vanhenten parti bien trop tôt et enfin Dany, François et Christian Tissier Shihan.Quel but recherchez-vous en premier, en tant que professeur dans votre dojo?Transmettre à mes élèves cet outil merveilleux et combien exigeant qu'est l'aikido mais aussi ses propres valeurs...Nous avons une chance inouïe de recevoir du Japon, de France et de Belgique des experts de très haut niveau qui nous permettent d'évoluer harmonieusement.Il est toutefois important de signaler et cela n'engage que moi bien sûr, d'apprendre à garder "un esprit de jeune débutant" quel que soit le niveau obtenu, savoir accepter les critiques d'une manière positive et constructive, se remettre en question à chaque instant, se dire que nous représentons bien peu de chose...En qualité de professeur et d'enseignant, nous avons une lourde responsabilité à assumer: nous améliorer pour nous-mêmes et pour les élèves qui nous font confiance. Voilà parmi tant d'autres, un des buts à atteindre et j'essaye de l'inculquer dans mon dojo.Que peuvent espérer ou redouter les pratiquants qui fréquentent votre dojo?Permettez-moi tout d'abord de signaler que j'insiste fréquemment sur l'importance de pratiquer joyeusement tout en respectant l'endroit ou l'on se trouve. Chaque élève est libre de rechercher à travers l'aikido ce qu'il souhaite. Il doit se sentir à l'aise et en confiance durant la pratique. Il vient chercher un moyen de s'élever s'il le souhaite par une pratique assidue, physique et mentale. Certains viennent dans le seul but de se déstresser après une journée de travail, de se maintenir en condition, de l'ambiance amicale qui s'y trouve.Pour eux, la progression technique n'est nullement une priorité; cette démarche est louable et je la respecte. D'autres, à travers une pratique physique et rigoureuse acceptent de "souffrir", s'investissent personnellement et affrontent les difficultés pour aller le plus loin possible. A ce moment, un dialogue constructif s'installe entre le professeur et l'élève. La préparation pour le shodan peut débuter. Je terminerai en disant ceci: les élèves me connaissent et savent que, quel que soit le choix souhaité, ils devront l'assumer.Comment réagissent vos élèves à l'annonce des stages? Ont-ils conscience de la progression rapide qu'ils peuvent accomplir en y allant le plus souvent possible?Chaque élève est libre de rechercher à travers l'aikido ce qu'il souhaite. C'est un libre consentement. Cependant, ce n'est ni un manque d'information et encore moins d'exemple, simplement que certains se contentent d'une pratique courante et que d'autres s'investissent et là, les stages occupent une place importante dans leur progression personnelle.Je ne peux évidemment que les encourager dans cette voie car il n'y a pas de miracles en aikido. La seule façon de progresser est de s'investir et payer de sa personne.S'il vous avait été donné de pouvoir parler à Maître Morihei Ueshiba, le Fondateur de l'aikido, que lui auriez-vous dit?Voilà une question bien délicate et difficile à répondre! Peut-être lui aurais-je dit, avec tout le respect dû à son rang:Ô Sensei, la définition de l'aikido veut dire: voie de l'harmonie, avec les lois de la nature et avec tous les êtres. Enseignez-moi à travers l'aikido, à être tolérant envers mon prochain, enseignez-moi l'humilité, apprenez-moi à devenir un artisan de paix pour un monde meilleur.

Propos recueillis par Nicole Lambotte